visite dégustation Domaine Borgnat

Une dégustation au Domaine Borgnat

La fraîcheur d’une cave multi séculaire l’été, n’est pas loin de s’apparenter à un petit coin de paradis, surtout quand la visite s’agrémente d’une dégustation de produits du cru...

Il est bientôt 17 heures et le soleil plombe la cour du domaine viticole, ancienne seigneurie fortifiée, dont l’existence se fond dans la nuit des temps avec celle du village… Une dizaine de «passagers» attend sagement le début de ce voyage découverte à travers les appellations du Domaine. L’heure pour la maitresse des lieux, Églantine Borgnat, d’un petit mot de bienvenue pour chacun. Avec son mari, Benjamin, ils ont repris le domaine familial en 2000 et aujourd’hui, exploitent en culture raisonnée 18 ha, principalement en appellation Bourgogne Coulanges, apportant un soin tout particulier à la qualité des vins et la préservation de l’environnement. Ce soir, c’est Élisabeth qui sera aux commandes pour la visite. Durée du vol, une heure environ, le temps d’une dizaine d’escales gustatives, pour une altitude de croisière ne devant pas excéder quelques pieds sous terre et une température intérieure plutôt «fraîche»! Sous les voutes des caves XVIIe, héritage de l’ancien château, 91 tonneaux assurent le décor, gisants de chêne, explique notre guide, «appelés pièces en Bourgogne, là où dans le bordelais, ils ont pour nom barriques…» D’une contenance chacun, de 228 litres, «ce qui correspondait alors, à une journée de travail d’un ouvrier viticole dans les vignes…» Un voile de «velours noir», tapisse les murs patinés par le temps : conséquence de l’évaporation des tonneaux et de cette «part des anges» offerte par la nature pour honorer le dieu Bacchus… Petit tour par l’atelier embouteillage, avant la remontée en surface, direction le caveau de dégustation.
Aligoté, chardonnay, pinot noir, rosé, crémant, ratafia… La ronde des dix vins et des couleurs peut commencer, avec pour chacun un petit mot d’explication et la meilleure manière de le déguster (avec modération bien sûr), comme pour cette cuvée «Tradition» de bon aloi et à l’allure charpentée : «un vin qui ne fatigue pas ! Et qui va à peu près avec tout. Intéressant à posséder dans sa garde-robe… !» Petit cours rapide olfactif, pour apprendre à différencier les caractères «empyreumatiques», des senteurs florales ou de fruits rouges : «liés à la méthode d’élevage du vin, les premiers s’apparentent plus à des odeurs de grillé, de boisé, de fumé…» L’occasion également de tout savoir sur les origines du mot «aligoté» : rien à voir avec l’aligot auvergnat ! Le journaliste de service aurait mieux fait de se taire… «Un cépage qui en fait, dans les vignes a tendance à pousser un peu dans tous les sens et à s’éparpiller, d’où la consigne donnée aux ouvriers l’aller les ligoter…» Et pour terminer la balade, quelques bulles en verre, échappées d’une bouteille de crémant et dernière leçon de choses : «le blanc de blanc est du jus blanc de raisin blanc, le blanc de noir est du jus blanc de raisin noir…» Une poésie sonore qu’aurait appréciée à sa juste valeur le regretté Raymond Devos…

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